Si je vous dis Your Lie in April, vous pensez à un jeune prodige ayant vécu un drame alors qu’il était enfant. Eh bien, March comes in like a lion reprend la même trame, si ce n’est que le protagoniste y est un joueur de shogi. Il sera sauvé de sa mélancolie par une fratrie de trois soeurs qui vont ajouter une touche de couleur à sa vie.

Enfant, Rei Kiriyama a perdu sa famille dans un accident. À 17 ans, Rei est aujourd’hui un joueur professionnel de shogi encore accablé par un profond sentiment de solitude. Un jour, son quotidien va être bouleversé par sa rencontre avec les trois soeurs : Akari, Hinata et Momo. C’est une histoire de personnes qui vont se battre pour récupérer ce petit quelque chose qu’elles ont perdu.

March comes in like a lion est une série adaptée du manga éponyme de Chica Umino. C’est à sa demande expresse que le projet d’adaptation s’est vu confié au studio Shaft dont le style artistique se distingue du reste de la production. A la réalisation, on retrouve Kenjirô Okada, mais aussi Akiyuki Shinbô, qui occupe le poste de réalisateur sur la majorité des oeuvres du studio. Mêlant rires et larmes dans un ton très morose, la série est une chronique de vie où les sentiments et les relations occupent une place centrale. Qu’il s’agisse de camaraderie, de rivalité, d’amitié, voire d’amour, lorsque ces sentiments explosent, March comes in like a lion offre des épisodes d’une rare force, chacun se distinguant tant en termes de narration que de mise en scène.

La première saison de la série, diffusée en automne 2016, faisait déjà la part belle aux monologues et questionnements intérieurs. Mais l’extravagant style Shaft avait parfois tendance à éclipser le propos, masqué par une omniprésence d’effets visuels et tics sonores. Au fil des épisodes, toutefois, un équilibre va se former entre les talents de mise en scène du studio et le style très introspectif de l’histoire. La seconde saison de la série marque une apogée, le studio mettant cette fois la narration en valeur à travers ses effets de style et non plus l’inverse. On est alors immergés plus profondément que jamais dans les pensées de ses protagonistes, que ceux-ci soient importants ou seulement de passage dans le récit.

Les personnages de la série représentent sans nulle doute son plus gros point fort. Si Rei est le héros de cette histoire, celle-ci gagne encore en ampleur dès lors que l’on se concentre sur ses proches, faisant face à leurs propres tourments. Qu’il s’agisse de Kyôko, dont on sent toute la rage bouillonnante et un ressentiment tenace. Hina, dont la force de caractère la pousse au ban de la société, écrasée par ses propres convictions. Nikaidô, respirant la joie de vivre mais qui se bat littéralement à corps perdu… On pourra alors regretter qu’il y ait tant de personnages marquants, puisqu’il est difficile de tous les mettre en avant à leur juste valeur. Ainsi, si vous deviez vous pencher sur March comes in like a lion, c’est avant tout pour ses drames du quotidien, moments durant lesquels la série nous laisse toucher du doigt l’essence même de ses personnages.

March comes in like a lion est une série que j’attendais avec beaucoup d’impatience, tant le manga m’avait ébloui. J’ai déchanté en apprenant que le studio qui allait s’occuper de son adaptation était celui dont j’abhorrais le style. Mais les épisodes passant, mes craintes ont finalement été balayées et je comprends mieux pourquoi Chica Umino tenait absolument à leur confier cette adaptation. Les émotions négatives ou positives qui animent les personnages transpercent l’écran et il est difficile de ne pas les laisser nous envahir à notre tour. Je retiendrai particulièrement le dernier épisode de cette seconde saison, tout en retenue, mais dont la mise en scène ne fait qu’accentuer l’aspect glaçant de ce quotidien. Face à une série qui magnifie tant son matériau d’origine, inutile de dire que retourner au manga dans l’attente d’une nouvelle saison risque d’être bien difficile.

REVIEW OVERVIEW
March comes in a like a lion
VIAWakanim
SOURCESangatsu no Lion
Étudiant en japonais avec l'ambition de devenir traducteur. Auteur de billets à mes heures perdues. Mordu de mangas, animés et jeux vidéos.