MAGICAL GIRL RAISING PROJECT

L’après Puella Magi Madoka Magica

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Titre original : Mahou Shoujo Ikusei Keikaku
Pays d’origine : Japon
Support original : Light Novel
Format : Série TV
Saison de diffusion : Automne 2016
Nombre d’épisodes : 12 (terminé)
Durée d’un épisode : ~24 minutes
Genres : Action, Fantastique, Magie, Surnaturel, Thriller
Studio d’animation : Lerche
Licence française : Crunchyroll (simulcast / streaming)
Site officiel
Twitter officiel

 

SYNOPSIS

Un jeu vidéo développé sur les réseaux sociaux permet à un utilisateur sur 10 000 de devenir une magicienne et d’obtenir de véritables pouvoirs. Mais un jour, l’administrateur annonce à seize filles se trouvant dans un périmètre bien défini que le nombre de magiciennes va devoir être réduit de moitié. Une course s’engage pour collecter les derniers artefacts disponibles, mais les règles deviennent de plus en plus tordues. S’ensuit alors une bataille meurtrière pour survivre…

Source : Crunchyroll

UNE PRÉMISSE ALLÉCHANTE…

Vous l’aurez compris à la lecture du synopsis, Magical Girl Raising Project n’est pas un magical girl comme les autres. Bien que doté d’une direction artistique fortement mignonne et jolie, le scénario semble prendre une direction peu en accord avec ce que l’on sait des petites filles magiciennes. Car si l’épisode 1 semble une couverture assez fade d’une série où l’on va vite s’ennuyer, les autres épisodes sauront rapidement vous faire comprendre à qui vous avez affaire. Et c’est hélas le premier reproche que je ferai à la série. Car si l’apparence sait être trompeuse, le synopsis en a déjà trop dit. Fallait-il cela pour attirer le client ? Sans doute. On pourra toutefois regretter un effet de surprise peu efficace lorsque l’on a une vague idée de la chose.

À l’intérieur du jeu, c’est mignon tout plein. Mais…

Pour cela, je vais en venir à ma première comparaison avec la série Puella Magi Madoka Magica, qui risque fort de revenir régulièrement dans cette critique. Et pour cause ! Le postulat de départ de cette série ne laisse guère place au doute, et la direction artistique plutôt mignonne et soignée nous baigne dans un univers joyeux et coloré. Pourtant, l’ambiance se fait rapidement lourde, pesante… avant que le désespoir, le vrai, ne vienne frapper à la porte. La chute est rude et brutale, violente ! L’inattendu coupe le souffle. Peut-être en fais-je trop, mais comprenez-moi : cette série est arrivée la première, et elle a cassé les codes que l’on s’attendait à voir.

Elle a mis un coup de pied dans des dizaines d’années de magical girls ressemblant plus ou moins les uns aux autres. Des séries dans lesquelles les héroïnes au cœur pur sont fortes et vaillantes. Ensemble, elles luttent face à de terribles fléaux pas si terribles que cela, et à la fin, l’amour et l’amitié triomphent. C’est beau, c’est émouvant, c’est mignon tout plein. Et j’ai rien contre ça, j’adore Card Captor Sakura. Mais arrivent alors en 2011 maître Urobuchi et son déjà culte Puella Magi Madoka Magica (Mahou Shoujo Madoka Magica en VO). Rien n’est plus pareil. Cette œuvre a changé tout un pan de la pop-culture japonaise, elle a révolutionné ce que pouvait être le genre du magical girl. Inspirant, de fait, d’autres créateurs après elle.

Un tournant inattendu et brutal, l’horreur frappe à la porte…

MAIS UNE COPIE ASSEZ FADE ?

Magical Girl Raising Project, bien qu’étant le sujet de cette critique, est avant tout un prétexte pour moi pour parler plus largement du genre magical girl, et surtout de ce qu’il est devenu après le célèbre Puella Magi Madoka Magica, pour lequel je ne manque pas d’éloges depuis tout à l’heure.

Loin d’égaler son prédécesseur, Magical Girl Raising Project nous offre donc une belle boucherie entre magiciennes aux pouvoirs divers et variés. Seulement, que retenir de toute cette histoire ? Eh bien, hélas, pas grand-chose. Si la série reste divertissante et intéressante, il ne s’agit avant tout que d’un survival game tout ce qu’il y a de plus classique. N’étant pas expert dans ce genre, je vous prierai de bien vouloir me pardonner si des absurdités se glissent dans mes propos à venir. Pour tout le côté survival, cette série s’en sort plutôt bien. Le casting est plutôt large, puisqu’on part avec 16 magiciennes, chacune offrant son interprétation de la magical girl, plus ou moins, mais on y reviendra.

L’intrigue se met en route quand la mascotte Fav, le responsable du jeu d’une certaine façon, décide de réduire de moitié les effectifs (passer de 16 à 8). À partir de là, c’est un peu l’escalade de la violence. Tout commence assez doucement, et on se permet d’espérer pour certains personnages. Puis, petit à petit, les plans se mettent en place, les complots débarquent au milieu des diverses alliances, tout s’emballe et les morts s’accumulent. Je dois admettre avoir été plutôt surpris (agréablement) par plusieurs retournements de situation, notamment liés à des pouvoirs qui ont été soigneusement révélés au moment opportun. Certains personnages sont également remarquables d’ingéniosité, et d’autres ne sont pas ce qu’ils semblent être.

Un complot, ça se prépare, et c’est mieux à plusieurs !

Mais s’il n’y a pas grand-chose à redire sur l’intrigue, je serai bien davantage mitigé en ce qui concerne les personnages. Car l’autre force d’une série comme celle-ci, c’est bien sûr son large choix de personnages. Et de côté, je trouve ça un peu faiblard. Il y en a certes pour tous les goûts, et chacun y trouvera sans doute son compte avec un ou deux personnages à l’intéresser fortement. Néanmoins, la plupart reste piégée dans des archétypes de personnages, assez classiques et prévisibles. Ce que j’aurais aimé, justement, avec davantage de personnages, c’est qu’une autre route soit explorée, qu’ils sachent me surprendre et apporter quelque chose de rafraîchissant. Que l’on puisse déceler des qualités & défauts insoupçonnés face à l’horreur mise en place. C’est quand même un peu le cas pour certains personnages, malgré tout, mais j’aurais souhaité voir cela plus souvent.

Et c’est probablement le point qui m’a le plus gêné. Car si le scénario n’est pas déplaisant (sans être fabuleux pour autant), la majorité du casting m’a déplu, ne m’a pas intéressé. Je n’ai pas eu assez d’empathie pour les personnages, et je suis donc resté plutôt hermétique à ce qu’il leur arrivait. Car ils restaient, pour la plupart, assez prévisibles dans leurs actions. Pour rester sur les personnages, on notera volontiers la transparence du personnage présenté comme le « principal », qui est finalement assez anecdotique, hormis vers la fin de l’histoire. Malgré tout, chacune a le droit à son petit flashback pour la présenter, bien que ce soit souvent de mauvais augure. On notera d’ailleurs un léger effort de mise en scène sur ces séquences du passé, via l’apparition de « bandes noires » (changement de format d’image, voir capture d’écran ci-après, et vous avez aussi pu voir ça dans l’excellent Erased). Et bien que ce changement de ratio n’apporte pas une grande différence dans la réalisation, il permet tout de même de distinguer ces scènes du quotidien.

Les flashbacks, outil de présentation pratique des convictions et relations des personnages.

 

L’APRÈS PUELLA MAGI MADOKA MAGICA

Venons-en au fait. En est-on arrivés là ? Puella Magi Madoka Magica a su insuffler une force nouvelle au genre magical girl, en y apportant horreur et désespoir, permettant ainsi la création de séries matures. Et depuis ? Eh bien, le monde des jeunes filles en fleur magiciennes a bien changé. Ainsi, une nouvelle composante est apparue : la peur. Craindre pour ses héroïnes de voir le danger les submerger, et que tout finisse mal.

Day Break Illusion est le premier animé à avoir exploité cet héritage. On était assez loin de la bonne copie, malheureusement. Mes souvenirs étant assez éloignés, je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais il manquait cette petite touche dramatique qui faisait le charme de Madoka. Les personnages, là encore, n’étaient pas non plus très attachants. Je vous invite à vous faire votre propre avis sur Wakanim, mais ne vous attendez pas à quelque chose de grandiose. L’animé a été plutôt déprécié. En cause ? Sa filiation « ratée ». S’inspirer est une chose, mais il faut savoir le faire avec soin, prendre les bons éléments, et les doser avec justesse.

Un casting coloré : une règle du magical girl qui ne change pas.

Est ensuite arrivée Yûki Yûna wa Yûsha de Aru (Yûki Yûna is a Hero). Cette série a tout compris. L’héritage de Madoka est clairement présent et marque cette série. La peur nous prend aux tripes, l’empathie avec les personnages est très efficace, le scénario est suffisamment riche pour nous faire frissonner… Clairement, il y a tout ce qu’il faut là-dedans pour faire un digne successeur. Si cette critique devait servir à vous recommander une série, il s’agirait davantage de celle-ci que de l’animé qui nous intéresse à la base. En effet, à l’instar de son illustre prédécesseur, il a compris comment créer une situation suffisamment anormale pour mettre mal à l’aise le spectateur et commencer à lui faire craindre le pire. La peur est là, et c’est un atout considérable pour tenir en haleine le public.

L’horreur peut frapper à chaque instant, et la peur nous paralyse.

Alors, où en sommes-nous, maintenant, avec Magical Girl Raising Project ? Et si, finalement, cette série n’était pas l’héritier tant attendu ? Après tout, comme vu ci-dessus, nous en tenons déjà un. Magical Girl Raising Project ne semble pas avoir l’ambition de se placer au niveau de son aînée, loin de là. Mais alors, me direz-vous, pourquoi l’avoir comparé à Madoka si c’est pour dire qu’il n’est pas là pour ça ? Pour parler un peu de l’après. Car oui, nous sommes arrivés à un stade où la violence dans les magical girls est devenue suffisamment commune pour que l’on en vienne à réaliser un survival. Ce n’est pas à moi de dire s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose. Toutefois, on pourra regretter que la surprise du magical girl horrifique soit admise d’entrée de jeu dans le synopsis, nous ôtant l’impact que pourraient avoir certaines révélations au cours du visionnage.

La confrontation des idéaux de différentes magical girls mènent à des combats inévitables.

CONCLUSION

En bref, Magical Girl Raising Project n’est pas une mauvaise série. Ce n’est pas non plus un mauvais survival game. Il tire partie de l’héritage laissé par Puella Magi Madoka Magica afin de s’offrir un contexte assez original, propice aux plus féroces complots et tueries. Mais au-delà de ce contexte, il n’y a rien de si exceptionnel non plus pour autant. À l’exception de 2 personnages relativement bien écrits et appréciables (ou détestables), le casting est plutôt modeste et enfermé dans des rôles bien définis, parfois assez agaçants. Ce qui peut être assez gênant quand on sait qu’il s’agit là d’un des deux piliers du genre.

Côté technique, l’animation est assez limitée, mais efficace. On notera également le chara-design mignon à souhait. Il est toujours assez curieux de voir des personnages aussi adorables se livrer à des tueries sanglantes, et il y a quelques scènes du plus bel effet. Enfin, la bande son fait son travail, plutôt discrètement. Pas de quoi bousculer une charrette.

Magical Girl Raising Project nous réserve quelques scènes bien intéressantes, malgré tout.

Ma conclusion sera donc la suivante. Loin de son prédécesseur, dont il n’a pas l’ambition, Magical Girl Raising Project reste un animé assez sympathique à regarder, particulièrement si vous arrivez à passer outre quelques personnages légèrement trop clichés. Cependant, pas de quoi en garder un souvenir impérissable. Une fois encore, si vous souhaitez un véritable successeur à Puella Magi, regardez plutôt du côté de Yûki Yûna wa Yûsha de Aru, dont la saison 1 est disponible chez Crunchyroll également. Pour la saison 2, il faudra en revanche s’adresser à Amazon Prime Vidéo.

VIACrunchyroll
Critique amateur, fan de mangas & animes, mais surtout grand adorateur de poneys animés.