Si je vous dis Gintama, vous pensez sans doute à un mélange entre comédie loufoque et action dramatique sur fond de science-fiction. Eh bien Hinamatsuri joue dans la même cour, si ce n’est que la série jongle plutôt entre humour et émotions. Ses trois héroïnes vont enchainer les galères alors qu’elles tenteront de se faire à leur nouvelle vie, ce qui donnera droit à des instants extrêmement drôle, mais aussi à des moments sincèrement émouvants.

Nitta Yoshifumi est un jeune yakuza qui gère ses affaires avec rigueur dans le secteur qu’il occupe. Mais un jour débarque Hina, une jeune fille dotée de pouvoirs télékinétiques. Elle oblige Nitta à l’accueillir chez lui, mettant ainsi fin à sa vie tranquille et bien rodée, car si les pouvoirs de Hina sont parfois utiles à Nitta, elle a aussi tendance à en perdre le contrôle. Malgré ces désagréments, notre yakuza prend soin de la fillette. Que peut-il advenir de cet étrange arrangement ?

Hinamatsuri est adaptée du manga éponyme par le studio feel (Dagashi Kashi, Outbreak Company…) avec, à la réalisation, Oikawa Kei (Minami-ke Okaeri, My Teen Romantic Comedy SNAFU 2), qui œuvre aussi sur Uma Musume cette saison. Généralement, cela impliquerait une baisse de qualité pour ces deux séries, mais elles sont au contraire très solides, tant techniquement que dans leur direction. On décèle dans la série une véritable vision de son réalisateur, lequel n’hésite pas à faire de nombreuses coupes dans le manga pour laisser de côté des chapitres moins intéressants. Par ailleurs, cette adaptation fait un travail remarquable sur le timing comique, renforçant l’effet de certains gags là où il leur arrivait de tomber un peu à plat dans le manga, faute de pouvoir imposer un rythme.

Le chara-design de la série peut sembler très rigide, mais il permet de faire ressortir davantage les atouts majeurs de la série, à savoir son humour pince-sans-rire ou encore des têtes hystériques qu’on croirait sorties de cartoons. Ce sens de la mise en scène se retrouve jusque dans le générique qui fera progressivement disparaitre un personnage, à mesure que ses liens avec Nitta et Hina se feront plus ténus. On retrouve d’ailleurs cette idée de progression en filigrane de la série. Partant de rien, les héroïnes de la série vont peu à peu se trouver une place dans la société, que ce soit au sein d’un groupe, dans une famille de substitution ou grâce à un emploi.

Hinamatsuri est donc une comédie où le statu quo ne perdure pas. Les personnages et leur situation évoluent constamment, permettant à l’humour de se renouveler sans cesse. L’intelligence de la série repose d’ailleurs sur la présence de ses trois héroïnes, dont le quotidien n’a finalement pas grand chose en commun. Cela donne lieu à des segments aux tons très différents, mais capables de vous faire pleurer de rire et de tristesse dans un même épisode.

Entre Kono Suba, Magical Circle Guruguru ou encore Tsuredure Children, ces dernières années ont été très prolifiques en termes de séries d’humour. Hinamatsuri en est un nouvel exemple, avec cette adaptation qui m’a fait prendre conscience de l’importance d’un timing bien travaillé pour mettre en valeur ses moments d’humour. Si Hina est sans doute la moins intéressante des personnages principaux, elle fait ressortir d’autant plus ceux qui la côtoient, à commencer par Nitta. De toute manière, à côté, il m’est déjà difficile de choisir à qui décerner le titre de meilleure héroïne entre Hitomi et Anzu… Maintenant, il ne reste qu’à espérer que la série aura suffisamment fait parler d’elle dans une année où la japanimation semble vouloir tirer ses meilleures cartouches. Mais rien que grâce aux tronches d’Hitomi qui peuvent prendre des proportions « memesques », je pense que la série est bien partie pour rester dans les esprits.

REVIEW OVERVIEW
Hinamatsuri
VIACrunchyroll
SOURCEHinamatsuri
Étudiant en japonais avec l'ambition de devenir traducteur. Auteur de billets à mes heures perdues. Mordu de mangas, animés et jeux vidéos.