Si je vous dis Parasyte, vous avez sûrement en tête l’histoire d’un ado qui se retrouve parasité et gagne alors en capacité physique et en popularité. Eh bien, Devilman Crybaby, c’est à peu près pareil, mais les parasites en question sont des démons qui ont très soif de chair. On assiste alors rapidement à un débordement d’hémoglobine et de sexualité débridée, le tout sur fond de fin du monde, puisque cette recrudescence de démons est une réelle menace pour l’humanité.

Après un voyage à l’étranger, Ryo, un jeune professeur, emmène Akira, son ami pleurnichard mais au cœur pur, à une fête si décadente qu’elle en devient… démoniaque !

Devilman Crybaby est une adaptation d’un manga de Go Nagai (Cutie Honey, Mazinger) des années 70. Produite par le studio Science SARU (The Night is Short : Walk on Girl, Lou et l’ile aux sirènes), la série a été réalisée par Masaaki Yuasa (The Tatami Galaxy, Ping Pong). Il ne s’agit pas de la première adaptation du manga, mais celle-ci aura rapidement dépassé les cercles d’initiés, le bouche à oreille conjugué à la présence de la série sur Netflix ayant bien aidé à la faire connaitre. Elle peut d’ailleurs tout à fait s’apprécier sans avoir lu le manga d’origine, ses 10 épisodes se suffisant amplement à eux-mêmes. Par ailleurs, sa diffusion sur Netflix aura permis d’accoucher d’une série sans aucune retenue et où la censure n’a pas sa place.

Devilman datant déjà d’une cinquantaine d’années, cette adaptation remet totalement l’œuvre au gout du jour, que ce soit à travers l’intégration des réseaux sociaux par exemple, mais surtout au niveau de ses choix graphiques. On retrouve les aplats de couleur ainsi que les déformations de mouvements si chères à Yuasa, donnant lieu à certaines séquences qu’on croirait sorties de Scooby-doo, mais rendant la déshumanisation du personnage encore plus frappante. Il en va de même pour la musique, qui participe pour beaucoup à cette ambiance oppressante. En effet, le compositeur Kensuke Ushio reprend certains thèmes de la série d’origine en les réadaptant, dans un ton tantôt électro, tantôt épique, qui renforce le pressentiment de fin d’un âge qui se dégage des événements de l’histoire.

La série n’est pas tendre avec ses personnages, et elle ne le sera certainement pas avec vous non plus. Entre la déferlante de gore, de sexualité et d’horreur, elle trouve encore le moyen de nous tourmenter avec nombre de dilemmes moraux qu’elle nous envoie en pleine figure, en même temps que l’on s’interroge sur ce qui fait notre humanité. C’est d’ailleurs lors de ces brefs moments d’humanité que la série révèle tout le potentiel de ses personnages secondaires. On retiendra par exemple un slam mémorable, dans un épisode qui l’est tout autant, figurant un instant de quiétude que l’on nous ôte rapidement afin de nous briser avec force. C’est avec cette philosophie en arrière-plan que le dernier tiers de la série saura marquer les mémoires, car l’Homme est un démon pour l’homme et le plus grand danger n’est pas forcément là où on l’attend.

devilman crybaby ryo akira

Si je me suis créé un compte Netflix cet hiver, c’était à la base pour une tout autre série. Mais au vu de la déferlante d’images de Devilman qui inondait mon fil Twitter, je me suis senti obligé de juger par moi-même de ce que valait la série. Et dire que cette dernière m’a totalement conquis serait un euphémisme puisque, touché par la malédiction Netflix, je me suis enfilé la totalité des épisodes en à peine une journée. Si la série a bien une qualité, c’est certainement sa capacité à vous attirer à elle, vous faisant partager les tourments de ses personnages comme s’il n’y avait aucun écran entre vous et eux. Ceci dit, si la série a su me toucher, c’est surtout car j’ai été complètement envouté par sa musique. Alors, peut-être qu’à la fin de votre visionnage, comme moi vous vous repasserez la chanson de Devilman encore et encore, vous demandant comment une série aussi sombre peut avoir un thème si entrainant…

REVIEW OVERVIEW
Devilman Crybaby
VIANetflix
SOURCEDevilman Crybaby
Étudiant en japonais avec l'ambition de devenir traducteur. Auteur de billets à mes heures perdues. Mordu de mangas, animés et jeux vidéos.