Après avoir diffusé DevilMan Crybaby début janvier, la plateforme Netflix revient ce mois-ci avec un nouveau titre prometteur. Si DevilMan fut bien reçu par la communauté, qu’en est-il de B : The Beginning ? En réalité, c’est une question à laquelle je ne peux répondre au moment où j’écris cette critique, même si je prédis que l’anime sera un tout petit peu moins acclamé que son collègue et trop peu popularisé. Quoi qu’il en soit, si je ne peux répondre à cette question, je peux au moins vous faire part de mon ressenti sur cet anime.

Déjà il ne sera pas facile de faire une critique de l’anime sans trop spoil car je ne pourrai pas aborder tous les éléments pertinents sur le fond mais je vais tout de même tenter de donner un avis je l’espère convenable. En propos liminaire, je rappelle juste que B : The Beginning est une production originale.

 

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Informations complémentaires

Titre alternatif : Perfect Bones

Titre original : パーフェクト・ボーンズ

Format : ONA

Origine : Originale

Épisodes : 12

Saison : Hiver 2018

Diffusion : 02/03/2018

Licencié : Netflix

Thèmes : Détective

Genres : Science-Fiction, Thriller

Studio d’animation : Production I.G

Site Officiel

Twitter Officiel

 

B : The Beginning

Une rencontre entre Psycho-Pass, Zankyou no Terror et Guilty Crown

Le détective de génie Keith Flick intègre la police royale tandis qu’émerge B, un tueur en série. On apprendra dans le premier épisode que cet individu aux pouvoirs sortant de l’ordinaire est Koku. Va alors commencer une enquête afin de découvrir l’identité de ce criminel, le retrouver et l’arrêter. Or très rapidement une organisation mystérieuse distincte de Koku va s’ajouter aux divers acteurs et semer la terreur, brouillant ainsi notre compréhension de la situation. Si Koku semble être quelqu’un au fond intérieur pas si mauvais que cela, l’organisation elle, semble beaucoup plus inquiétante, devenant l’ennemi le plus dangereux aux yeux du spectateur et de l’inspecteur Keith.

De gauche à droite : Koku alias B, le détective Keith Flick, l’agent Lily

Au fur et à mesure de l’anime, nous en apprendrons davantage sur le passé, les intentions et les liens entre Koku, l’organisation et l’inspecteur et ce jusqu’à la toute fin.

Pour en revenir au titre de mon paragraphe, j’avoue que c’est un poil bateau mais il permet de cerner de manière simple cette œuvre. Pas mal d’enquête/police est présente dans cet anime à l’instar de Zankyou no Terror et de Psycho Pass. En plus de ce côté très terre à terre, réaliste s’ajoutera une variable science-fiction avec les membres de l’organisation et Koku ayant des capacités hors du commun (d’où un peu Guilty crown). Par conséquent, l’anime alternera entre pragmatisme et fiction mais il le fera d’une manière naturelle et habile même si on remarquera quelques fois des scènes un poil abusées comme par exemple un individu faisant du skateboard sur plusieurs kilomètres à une vitesse non des moindres. Mais ces différentes séquences assez rares ne dérangeront que les plus pointilleux.

B The beginning fight

 

Des personnages principaux solides mais un manque d’approfondissement pour d’autres

J’évoquais précédemment Zankyou no Terror, Guilty Crown et Psycho Pass pas seulement pour faire joli et dire « Coucou je connais de animes ». Non l’intérêt est d’énoncer que si vous connaissez uns de ces titres connus, vous retrouverez à coup sûr des personnalités travaillées semblables à ces animes et/ou des oppositions similaires protagoniste vs antagoniste notables. Concernant les oppositions, je ne vais rien rajouter, car l’anime est principalement focalisé sur ce point vers la fin. Expliquer en quoi cet anime m’a rappelé ces animes et pourquoi j’ai aimé cette particularité de l’anime, aboutiraient forcément à spoiler entièrement B : The Beginning.

Keith et son ami/collègue de longue date Ross Gilbert

Si l’anime a de très beaux atouts du côté de quelques personnages et des interactions entre eux, en revanche il pèche un peu par le manque de développement concernant le camp des antagonistes. Si déjà je mets de côté le fait que 1/3 peuvent être définis comme des « barjos », je déplorerai le fait que certaines têtes n’aient pas été approfondies alors qu’on aurait voulu en savoir plus. Attention ce n’est pas le cas de tous les antagonistes, les principaux sont bien approfondis et/ou intéressants.

Ceux ayant vu l’anime diront que le camp des protagonistes, lui aussi (càd les personnes aux côtés de l’enquêteur) « a peu » de développements. Oui mais à la différence des antagonistes, le spectateur va passer beaucoup de temps à leur côté, c’est au travers de leurs nombreuses actions, choix, répliques, interactions (…) que ces personnages gagneront en importance, en consistance et deviendront attachants. Puis trop se focaliser sur des personnages secondaires reviendrait à trop s’éparpiller et à oublier l’essentiel. Alors que le camp des antagonistes, oui on peut émettre un bémol notamment quand on voit un personnage parler 1 min dans un épisode alors qu’il est présent dans le background durant les 2/3 de l’anime et qu’il est un des membres principaux de l’organisation, oui ce n’est pas normal.

En dépit d’un léger manque de développement, le bilan pour le casting ma foi sera largement positif.

B the Beginning
L’organisation en question.

 

Un comique burlesque et naturel saillant, inscrit dans un univers multi composite

Particulièrement marquant dans les premiers épisodes, le comique souvent centré autour du détective Keith Flick est particulièrement appréciable. Son caractère nonchalant complété par le tempérament authentique et pétillant de la jeune Lily (connaissance de Koku et collègue de boulot de Keith) débouchera sur de nombreuses situations humoristiques.

B the Beginning

Personnellement, je trouve que ce comique marche très bien et ce d’autant plus dans l’univers qui nous est proposé. On retrouvera à la fois des traits caractéristiques d’une Europe du XIXe siècle mais aussi un modernisme américain du XXème et XXIème siècle avec des progrès scientifiques et techniques. Et pourtant là encore cette conciliation entre deux périodes différentes est bien pensée apportant une atmosphère fictive unique à l’anime. On retrouvera même au cours de l’anime, un lieu emblématique japonais complété par une OST adéquate juste pour ce moment. Le royaume fictif de Cremona s’inspire d’ambiances et d’environnements plutôt variés.

B The beginning

Pour en venir aux OST composées par Ike Yoshihiro, elles contribuent à l’immersion et elles sont relativement bonnes, sans pour autant être marquantes. Puisque j’aborde les musiques, il est nécessaire d’aborder l’excellent Ending « Perfect World ». Autant la bande-son, je ne pense pas la réécouter un de ses jours, mais l’Ending je l’ai écouté un bon nombre de fois. Alors oui à ce qui parait c’est un Opening, mais pour moi c’est un Ending vu qu’il est placé à la fin, voilà réflexion simpliste.

 

Un bon divertissement légèrement prévisible

En ce qui concerne le visuel de l’anime, c’est soigné aussi bien du côté des personnages que des backgrounds. L’anime présente de splendides visuels.

Quant à l’animation, elle m’aura convaincu sur par mal de scènes : aussi bien action que characters-acting. Je pense notamment à l’affrontement ci-dessous qui m’en a mis plein les yeux avec une fabuleuse animation et mise en scène. Cette animation travaillée (dans un degré moindre, logique on me dira) se retrouvera aussi dans de nombreuses situations (course poursuite, interrogatoire, situation comique etc). J’avoue aussi avoir rigolé quelques fois sur la CGI, particulièrement avec la 3D des véhicules. Certes c’était forcément marquant, mais pas nécessairement dérangeant car je trouvais que ça contribuait plutôt bien au côté burlesque de la chose.

Si l’anime arrivera quelques fois à nous prendre de court pour notre plus grand plaisir, le déroulement et la conclusion de pas mal de situations seront bien trop souvent classiques et donc forcément prévisibles.

De plus je ne dis pas combien il y aura de morts, mais quelques situations qui auraient pu et auraient dû aboutir aux décès de certains personnages à mon sens, n’ont finalement pas débouché sur ceci. Et je trouve cela dommage car cette volonté de garder à tout prix certains personnages, ne se marie pas avec le genre de l’anime, la petite touche réaliste et les multiples morts et boucheries ensanglantées et violentes.

 

En conclusion

Si vous faites bien attention, je n’ai pas abordé un point important dans ma Critique : le scénario. Je pense que c’est sur ce point qu’il y aura quelques divergences. J’ai dû prendre un peu de recul pour me faire un avis. Tout d’abord pour vraiment adhérer à l’intrigue, il faudra comprendre les motivations et la personnalité des 4 personnages décisifs à la fin (Pourquoi avoir agi là et non pas avant ? Pourquoi ne pas l’avoir tué avant ? Pourquoi ne pas s’être abstenu etc). De plus cette impression d’avoir deux histoires pas vraiment complémentaires dans un même anime pourra être dérangeant. Mais je trouve que cette diversité (aussi bien au niveau de l’univers, des personnages, de l’ambiance et de l’histoire) est l’intérêt de cet anime. En outre, il faut remarquer que quelques points ne sont pas abordés ou laissés en suspens afin clairement de laisser la possibilité à une seconde saison.

Donc pour le scénario, je pense que les avis divergeront selon notre expérience japanime et notre gout en matière d’histoire. Pour moi, c’est une intrigue duale subtile et bien rodée certes un peu prévisible mais réellement très bien narrée et mise en scène.

b the beginning keith

 

A cette œuvre je pense qu’il manque un petit quelque-chose qui m’a empêché de m’enjailler devant mon écran. Quelques rebondissements, surprises en plus auraient rendu l’anime encore plus passionnant et addictif. L’anime est un peu timide sur les sensations fortes alors que de base c’est un Thriller. Si les personnages tombent souvent dans les pièges ou se font avoir, c’est très rarement le cas du public qui n’est pas dupe. Pour autant au final, j’aurai pris beaucoup de plaisir à regarder l’anime. Espérons une seconde saison !!