Il y a plusieurs mois, on m’avait demandé mes tranches de vie préférées parmi les séries animées que j’avais déjà eu l’occasion de voir. J’ai réfléchi longuement à la question, aux titres à vous présenter et à la façon de le faire, pour finalement aboutir à ce que vous avez sous les yeux. Au sommaire de cet article donc, trois séries méconnues que je vous recommande chaudement, ainsi que celle que je considère comme ma série tranche de vie préférée.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, une question toute bête : Qu’est-ce que la « tranche de vie » ? En France, on définirait cela comme des histoires du quotidien. Au Japon (selon Wikipédia), il s’agirait d’œuvres se focalisant le plus souvent sur des discussions triviales entre filles. Comme ces deux définitions n’allaient pas beaucoup m’aider à choisir mes séries, j’ai finalement été au plus simple et j’ai opté pour des séries classées « tranche de vie » selon MyAnimeList. Maintenant que le concept est posé, place au cœur de l’article.

(Dans la veine de Shirobako ou Hanasaku Iroha)

Sakura Quest se distingue de la majorité des séries animées d’un simple coup d’œil sur ses protagonistes. En effet, au nombre de cinq, celles-ci sont de jeunes adultes fraichement entrées sur le marché du travail. Œuvrant pour l’office du tourisme de Manoyama, elles ont pour mission de redonner vie à la petite ville de campagne dont il ne reste majoritairement que les habitants les plus âgés. Des habitants, nombreux, qui ont d’ailleurs tous leurs excentricités, chacun avec leur histoire et un caractère bien trempé. Avec autant de fortes têtes au mètre carré, les divergences d’opinion fusent et la série en joue beaucoup, que ce soit en opposant la philosophie de la ville à celle de la campagne, ou bien la vision du monde des jeunes face à celle des anciens. L’animé aborde ainsi des questions très terre-à-terre comme l’isolement des personnes âgées et ce qu’internet peut leur apporter, ou encore comment de jeunes adultes peuvent trouver leur place dans la société et apporter leurs idées. Produite par P.A.Works, Sakura Quest est une tranche de vie mélangeant moments cocasses et drames du quotidien, mais c’est surtout pour cette plongée dans la campagne japonaise que je vous conseille de vous y intéresser.

(Dans la veine de Isshûkan Friends ou Un drôle de père)

Hôrô Musuko est un des rares animés (le seul ?) à traiter d’un sujet aussi délicat que le transgenre. On y suit Shûichi et Yoshino, tous les deux en pleine crise d’identité et mal à l’aise avec leur genre respectif alors qu’ils entrent dans l’adolescence. Lui aimerait pouvoir porter des robes et avoir les cheveux longs, tandis qu’elle souhaiterait pouvoir se montrer plus masculine et porter des pantalons. Bien évidemment, tout n’est pas rose pour ces jeunes adolescents qui se cherchent. Ils sont mis face à l’incompréhension de leurs proches, voire à l’opposition radicale, alors même que naissent chez eux des sentiments amoureux. Heureusement, la série ne fait pas souffrir inutilement ses personnages. Elle traite au contraire de son thème avec bienveillance, ce qui se ressent jusque dans son graphisme, mêlant trait rond et couleurs aquarelles. Elle n’adapte toutefois qu’une petite partie du manga dont elle est tirée, mais Hôrô Musuko est sans aucun doute une série à voir si vous cherchez une tranche de vie douce et mélancolique traitant de la construction de soi et du genre.

(Dans la veine de Yuru Yuri ou Nichijô)

Sansha Sanyô a tout de la tranche de vie par excellence. En effet, un simple regard sur ses protagonistes nous indique qu’on est devant un cute girls doing cute things. Si vous n’êtes pas familier avec l’expression, sachez qu’elle se traduit très littéralement par « des filles mignonnes qui font des trucs mignons » et qu’il s’agit d’un des sous-genres de tranche de vie les plus courants. La subtilité ici est que nos mignonnes lycéennes ont toutes un défaut assez visible. Entre la fille de riche qui n’a plus un sou en poche, la déléguée à lunettes qui est une langue de vipère ou la nouvelle élève qui passe son temps à s’empiffrer dès que l’envie se présente, l’animé tord habilement les archétypes auxquels on est habitué. Par ailleurs, l’animation très fluide du studio Doga Kobo (connu notamment pour New Game) flatte non seulement la rétine, mais rend aussi les personnages de la série extrêmement vivants. C’est dans les détails qu’on reconnait un chef d’œuvre et, si Sansha Sanyô reste avant tout une comédie sans prétention, elle excelle sans aucun doute dans sa catégorie.

(Dans la veine de Nodame Cantabile ou March comes in like a Lion)

Honey & Clover, c’est selon moi la crème de la tranche de vie. Écrite par l’auteure de March comes in like a lion, la série suit un groupe d’amis, étudiants en art à l’université, envisageant déjà leur entrée dans le monde du travail. C’est lorsqu’un nouveau membre vient s’ajouter à ce petit groupe que leur alchimie va s’en trouver bouleversée. On sera alors témoins de leurs élans de fougue, leur moments d’amusement, leurs drames personnels, mais aussi leurs histoires d’amour. La série accorde une attention toute particulière aux relations entre les personnes, ainsi qu’au rapport à l’autre, mais son thème principal est tout autre. Ce qu’elle met en avant, c’est avant tout la vie qui se met en marche pour ces jeunes adultes enflammés. Honey & Clover est la première série diffusée sur le créneau Noitamina, ce qui explique qu’elle arbore un ton très réaliste, visant plutôt le grand public que la niche otaku. Il en ressort alors une série sensible, drôle et triste à la fois, mais qui s’apparente avant tout à une excellente leçon de vie.

Étudiant en japonais avec l'ambition de devenir traducteur. Auteur de billets à mes heures perdues. Mordu de mangas, animés et jeux vidéos.